Par Guy Djandji

La distanciation sociale, conséquence de la pandémie, a entraîné de nouveaux défis pour le programme d’activité physique offert aux patients. Une question subsiste : comment adapter des services qui, par définition, sont personnalisés et dépendent de la dynamique créée par la proximité physique des instructeurs et des participants ?

Anouline Sintharaphone, coordonnatrice du programme d’exercices et de réadaptation de notre Centre, a mis au point des approches nouvelles pour enseigner et apporter du soutien aux nombreux mordus de l’exercice physique qui comptent sur L’espoir, c’est la vie pour assurer leur bien-être.

Le programme d’exercice physique compte 15 à 20 bénévoles qui desservent un grand nombre de patients, avec des cours particuliers quotidiens, offerts quatre fois par semaine. Les cours constituant le programme comprennent le yoga, le Qi-gong, le Tai Chi intégral, le tonus Zen et des prescriptions d’exercice physique personnalisé à faire au Centre ou à la maison.

Quand la pandémie a frappé, les animateurs ont dû s’adapter rapidement aux nouvelles méthodes d’enseignement et aux outils de communication afin d’essayer de recréer l’énergie, le flux et la dynamique des cours qu’on trouvait au Centre de bien-être. « Nous devions trouver de nouvelles façons d’assurer les postures appropriées, de corriger l’enchaînement des mouvements. Cela prend plus de temps, puisqu’il faut parler plus longuement pour compenser l’absence de présence réelle, pour encourager et stimuler encore plus. Nous constatons que la fatigue s’installe plus facilement et que c’est normal, compte tenu des conditions nouvelles de          fonctionnement », commente Anouline.

Ruth Wani (à gauche) est bénévole et professeure de yoga pour L’espoir, c’est la vie depuis 10 ans. Depuis octobre 2020, entre 8 et 28 participants ont suivi ses cours en ligne. La plupart des participants éteignent leur caméra et leur micro, ajoutant ainsi encore plus de difficulté. Ruth a dû changer radicalement sa méthode d’enseignement, mais elle a d’abord dû s’adapter aux contraintes de la technologie. Elle a pris conscience de l’image qu’elle projetait sur l’écran et du décor dans lequel elle allait enseigner : son salon. Elle a ajusté les angles de la caméra, aménagé le décor et réglé l’éclairage de manière à éviter les distractions Les positions et les mouvements de yoga ont été modifiés. «Plus question de positions au sol puisque cela ne rentrait pas dans le cadre de l’écran, seules les positions assises et debout convenaient. C’est une version réduite du yoga destinée à relever les défis créés par le format en ligne.»

Ruth confie qu’elle n’est certainement pas “calée en technologie” et que l’énergie née des cours en groupe lui manque beaucoup. « Nous n’enseignons pas les maths ; nous enseignons des mouvements, des postures, la respiration, ce qui est bien plus facile à faire face à face. » Elle a cependant surmonté ces difficultés parce qu’elle reconnaît l’importance de sa contribution au bien-être des participants.

Le plus grand défi qu’affrontent les instructeurs, c’est de s’assurer que les participants sont enthousiasmés et ont adopté les positions correctes pendant les exercices, puis de les corriger à distance. Anouline explique : « Nous devons comprendre la situation des participants, l’espace limité dont ils disposent, le manque d’équipement et leur isolement. Ainsi, en tant qu’instructeurs, nous devons veiller à réduire le stress, leur parler plus, les stimuler et bien évidemment faire preuve de plus de patience. » Pour briser l’isolement causé par la pandémie, on a encouragé les animateurs à ménager du temps pour bavarder pendant les séances et à faire de l’écoute active pour stimuler l’énergie et la cohésion du groupe.

Force est de constater qu’un petit nombre de participants ont abandonné parce qu’ils n’avaient pas d’ordinateur, ni aucun intérêt pour des activités en ligne, mais la plupart trouvent cette nouvelle approche bénéfique : pas de temps perdu à se rendre au Centre, pas de problèmes de circulation ni de stationnement, pas de météo décourageante ! Anouline et Ruth conviennent que même après la pandémie, les cours en ligne resteront populaires pour une bonne partie de la clientèle.

Il est clair que ce qui ressort, c’est la passion dont Anouline, Ruth et l’équipe d’instructeurs font preuve, en ce qui concerne à la fois leur travail et leur engagement à offrir un service de grande qualité aux patients. Les chiffres en témoignent. En effet, les statistiques montrent une forte fréquentation, en dépit de défis en apparence insurmontables.