By Sonia Hazan

Imaginez que vous êtes une patiente atteinte de cancer et que vous perdez vos cheveux; nous sommes en pleine pandémie, et vous ne pouvez accéder à aucune des ressources pratiques que L’espoir, c’est la vie offre gratuitement, telles que les perruques, les écharpes et les turbans dont nous faisons don.

Faut-il paniquer pour cela? Pas quand il s’agit de L’espoir, c’est la vie! Grâce à Lora Tombari, la coordonnatrice du bureau de L’espoir, c’est la vie, et à notre bénévole de grande expérience, Danielle Patry, qui gérait son propre salon de perruques, notre programme virtuel de perruques a vu le jour!

« En tant que propriétaire d’un salon de perruques, j’ai toujours pris un grand plaisir à voir l’étincelle dans les yeux des clientes, une fois l’ajustement fait. Être bénévole pour L’espoir, c’est la vie et pour ce programme implique d’assurer la continuité.», déclare Danielle.Danielle Patry gérait son propre salon de perruques

Gardez à l’esprit que tous les locaux de L’espoir, c’est la vie sont fermés, que la confidentialité est de la plus haute importance, que choisir une perruque a toujours été un contact de personne à personne, et que notre vaste inventaire de perruques est conservé dans la salle des ressources de L’espoir, c’est la vie, à l’Hôpital général juif. Tout un défi, non?

Mais, avec diligence, nous avons mis au point un plan. Lora a d’abord contacté l’équipe de contrôle des infections de l’hôpital, afin de s’assurer que tous les protocoles de sécurité étaient respectés. Elle a ensuite réuni toutes les perruques propres de notre salle de ressources et celles du Laurier Macdonald Vocational Centre. Dans ce centre, les étudiants du programme de coiffure se chargent de faire gratuitement le shampooing d’un bon nombre de perruques, dans le cadre du programme de service communautaire. Puis Lora a rapporté tout le lot au Centre de bien-être, où Danielle a coiffé et photographié chacune dans un décor qu’elle a mis en scène, procédure précise qui prend pas mal de temps. Lora a également préparé une description détaillée de chaque perruque et les a numérotées, créant ainsi un catalogue de notre inventaire.

C’est l’équipe multidisciplinaire de soins de santé de l’hôpital qui nous réfère les patientes, ainsi que les travailleurs sociaux de L’espoir, c’est la vie. Lora consulte chaque patiente et lui demande la permission qu’une bénévole la contacte. Après s’être renseignée sur les préférences de la patiente en matière de couleur, de longueur, de texture et d’aspect général, la bénévole transmet ces détails à Lora qui envoie alors à la patiente quelques photos de perruques, lesquelles correspondraient à son goût. « La conversation avec la bénévole est essentielle, note Lora. Elle prend le temps d’écouter la patiente exprimer ses besoins et en profite pour expliquer aussi quelles sont les nombreuses autres ressources pratiques, les services et les programmes que L’espoir, c’est la vie offre pour aider à composer avec la maladie. » La bénévole Carol Djoury confirme : « Il est important d’écouter attentivement la patiente, d’entendre ce qu’elle veut et de la guider. »

Comment faire parvenir ces précieuses perruques à la patiente? Rendez-vous est pris pour qu’elle puisse prendre possession du paquet libellé à son nom, avec des instructions sur la meilleure façon d’ajuster la perruque et de l’entretenir, ainsi qu’une liste de ressources et d’endroits où on peut en acheter d’autres et des renseignements sur L’espoir, c’est la vie. Le paquet est laissé dans un panier à la porte du Centre de bien-être. Si, pour une raison ou pour une autre, une patiente est incapable de venir au Centre, la perruque et/ou les autres ressources lui sont postées à son adresse.

Depuis la mi-novembre, 25 heureuses patientes ont trouvé couvre-tête à leur goût, perruques, turbans et écharpes. Aucun contact, aucune propagation de virus, satisfaction garantie!

Il est évident que l’équipe s’est chargée d’une tâche difficile et a trouvé le moyen de la faciliter. « La pandémie nous a éloignés de nos patients. Mais j’ai pris grand plaisir à rétablir le contact grâce à ce programme,» conclut Lora.