Guy Djandji

Francis Lapon est un des nombreux proches aidants qui bénéficie des services offerts par L’espoir, c’est la vie. Son cas est particulier, car il s’occupe de son épouse Danièle qui, au cours de longues années, a souffert de cinq cancers : sein, colon, peau, utérus et rein. Un gène en est la cause et les récidives sont fréquentes. Francis assume son rôle avec un courage et une résilience qui lui font honneur et qui contribuent, sans aucun doute, à soulager la souffrance de son épouse. Il n’hésite pas cependant à la décrire comme une « super survivante, avec une personnalité forte et active, qui aime les activités physiques et l’athlétisme.»

En 2013 deux récidives se déclarent au sein et au côlon. À cette époque, elle avait fait la connaissance de L’espoir, c’est la vie et s’était inscrite au cours de yoga, qui lui avait fait grand bien. En septembre dernier, nouvelle rechute : cancer du rein nécessitant l’ablation de cet organe. Depuis ce moment, Francis assume pleinement son rôle de proche aidant.

Être un proche aidant auprès de sa propre épouse n’est pas habituel. La survie du partenaire devient un enjeu crucial, car c’est le couple même qui est atteint. Francis affirme que la première responsabilité du proche aidant est « de clarifier comment il se positionne dans la relation.». Il ajoute : « Nous avions suivi dans le passé des formations pertinentes dans la relation d’aide. Cela nous a permis de développer une responsabilité envers nous-même et le respect qui vient avec. »

Mais, en septembre dernier, le cancer du rein le bouleverse : il se sent démuni, seul et isolé. La communication avec la personne aimée en est affectée, difficile. Grâce à l’intervention d’une infirmière, Francis entre en contact avec Hinda Goodman de L’espoir, c’est la vie, qui saisit rapidement les enjeux de la situation. Le soutien apporté par un pair serait la solution qui permettrait à Francis de recevoir l’appui dont il a besoin.

Depuis, Francis est en relation continue avec Laura Girolami. « Il y a une véritable réciprocité d’écoute et de soutien. Le déclic a été exceptionnel. Avant, je me sentais démuni. J’ai maintenant retrouvé stabilité et espoir. Cela m’a permis de survivre. J’ai pu ventiler, me remettre en question, dans le respect et la confidentialité. J’ai réussi à maintenir un espace intime. » Grâce à l’appui de Laura, il est en mesure d’accompagner sa conjointe à « sortir du brouillard et reprendre graduellement des forces ».

La pandémie est venue ajouter une dose supplémentaire de difficultés, vite maîtrisées. « Les mesures de prévention ont été strictement observées. Le confinement a renforcé l’intimité. » Avec Laura, Francis a trouvé une oreille empathique « et les inquiétudes ont pu être discutées ».

Francis ajoute : « Pour Danièle et moi, L’espoir, c’est la vie a été déterminant : elle, lorsqu’elle a fait du yoga et moi, grâce à l’écoute active et au soutien de Laura ».